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La petite Jésus     

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L'enfance a ses odeurs. Jean Cocteau


Le parfum des roses coupées emplissait la remise depuis plusieurs jours, mais ce matin, malgré la chaleur de juin qui déjà magnifiait tout, la rosée, l’herbe tondue, et les fleurs du sacrifice, ce matin, c’est le pain brûlé que la cuisine sentait.


Maman dépose sur mon assiette deux tartines striées d’ocre et de brun. La mie grillée est appétissante, j’y étale prudemment le beurre jaune qui se liquéfie en un petit grésillement, mais les croûtes, les croûtes ô malheur, sont bel et bien noires. Noires, mais hélas pas charbonneuses, ce qui eût apitoyé maman. Non, elles sont noires, mates, et j’en pressens déjà le goût détesté du brûlé dans ma bouche. Comment faire pour fléchir ma mère, invoquer sa clémence, sa grâce, sa permission, s’il te plaît, pas les croûtes, je peux laisser les croûtes ?

 

Elle s’affaire dans la cuisine, et je reste seule et silencieuse devant mon malheur rongé. En cuisine, l’heure n’est plus au brûlé, mais pas encore aux roses. Mon père a déjà pris son café, maman prépare le déjeuner des petits. Il lui faut encore les lever, les faire manger, débarrasser, tout ranger, endimancher son petit monde, et vaquer aux préparatifs du jour saint. Les roses attendent dans la fraîcheur de la remise, au fond de leur seau.

 

Moi, je suis prête. Petite robe verte avec un nœud dans le dos, col Claudine, souliers vernis, socquettes blanches. Cheveux peignés, ruban, un peu d’eau de Cologne. Je suis prête, hormis ces deux croûtes dans mon assiette, comme un reproche. Pense aux petits Biafrais qui meurent de faim (dit mon ange gardien). On pourrait leur envoyer les croûtes ? (souffle mon mauvais génie). Maman n’apprécierait pas ce genre d’argument. Je quémande, je pleurniche, je promets tout contre sa clémence. Elle m’envoie chez mon père.

 

Il faut traverser une grande pièce froide et claire, au carrelage bleu – l’ancien atelier transformé en salle de jeux – et pousser la porte vitrée à deux battants, pour accéder au salon. L’endroit est solennel, on n’y vient que quand il y a des invités. On dit « les belles pièces ». Les meubles sentent la cire. Tout semble endormi, d’habitude. Ce matin, papa téléphone. Il est assis à la petite table, dans un coin sombre de la pièce, juste éclairé du halo jaune de la lampe de bureau. C’est ici que papa reçoit les commandes de ses clients, dont il prend note dans un cahier toilé. Des volutes de fumée montent vers la lampe. Une fois, c’est moi qui ai décroché le téléphone en bakélite, j’ai noté la commande, et papa m’a emmenée avec lui faire la livraison. Voilà ma secrétaire, il disait, c’est elle qui a pris votre commande. J’étais fière, parfois je recevais un porte-clé, ou un caramel. À midi, on s’asseyait au bord de la route, dans l’herbe qui piquait mes cuisses, et on mangeait des tartines et des œufs durs. S’il pleuvait, on restait assis dans l’auto, derrière, les jambes pendantes, sous le haillon ouvert.

 

J’avance sans faire de bruit dans le salon où papa téléphone. Sûrement qu’il prend une commande. Il dit oui… oui… oui…, et il écrit dans le carnet toilé. Sa cigarette collée à ses lèvres me fascine. Elle s’agite tandis qu’il parle, et parfois, la cendre tombe toute seule dans le carnet ou sur la nappe brodée. Il la balaie du tranchant de la main, sans guère y prêter d’attention. Oui… oui… oui… Il ne me voit pas, j’avance à pas discrets. On ne dérange pas papa quand il travaille. Oui… oui… oui… je demande à voix basse si je peux laisser les croûtes. Oui… oui… oui… continue papa sans lever la tête, j’ai ma réponse, je m’envole, je cours chez maman, papa a dit oui, tu es sûre? Oui, mais il ne faut pas le déranger, il est au téléphone avec un client.

 

 

 

 

On arrive au village et papa se gare devant la cure. À l’intérieur, c’est un ballet de dames, d’enfants, un bruissement de tissus et d’étoffes, un concert de gynécée. Mon père me conduit près d’une dame très grosse qui se penche vers moi et me dit : « Et cette petite-là, qu’est-ce qu’on va en faire ? Un ange ? » (Oh oui, un ange, j’aimerais être un ange, papa ne m’avait même pas dit que j’aurais un costume, il ne m’avait prévenue de rien, je devais juste me lever tôt il y aurait une surprise, et voilà que je pourrais être un ange, les anges rient et papotent dans l’autre pièce,elles ont de longues robes de satin blanc, douces et moirées, et de magnifiques ailes en plumes véritables, qui sentent la poussière et la naphtaline, mais dans lesquelles on aimerait tant faire courir ses doigts et enfouir ses joues – mais les anges ont au moins douze ans, je suis trop petite, jamais jamais je n’aurai cette chance.) « Un ange ? Non, je n’ai plus d’ailes. » (Et voilà, c’est fini, le rêve, à peine frôlé du doigt, s’est envolé, papa va me ramener à lamaison, mais soudain) « Ah mais je sais ce que je vais faire de toi. Tu seras notre petit Jésus ! »

 

Je ne réponds rien. J’ai perdu ma langue et ça fait rire la dame. Elle congédie papa qui a autre chose à faire : les hommes l’attendent pour porter le dais. Me voilà abandonnée aux mains des femmes, en un instant débarrassée de la robe verte, debout au centre des choses, en culotte et chemisette, socquettes et souliers vernis, maigrichonne de sept ans, on voit mes côtes, dans toute cette agitation j’ai froid, je reste là, toute figée, mes bras autour de moi. La grosse dame revient avec une robe de satin rose qui me tombe sur les pieds. Elle me recoiffe, ôte le ruban de mes cheveux, le petit Jésus avait les cheveux longs mais pas de ruban. Elle m’envoie jouer dehors, et les ailes ? Pas d’ailes qu’elle dit, mais attends, j’allais oublier, et elle me tend une lourde croix en bois brun. C’est ma croix, il faudra que je la porte pendant toute la procession, puisque je suis le petit Jésus. Je sors de la cure, et je vais jouer un peu dans le soleil, loin des anges, seule avec ma croix.

 

 

 

 

Il me semble qu’on marche depuis des heures. Au pas, au rythme des hommes qui portent le dais, derrière. Parfois, nous marchons trop vite, et derrière nous, la procession s’étire. Parfois, les suivants nous piétinent les talons, et il nous faut allonger le pas. Nous traversons des quartiers familiers et d’autres lointains, où je ne me suis jamais aventurée auparavant, pas même à vélo avec maman. Nous remontons de petites rues industrieuses aux maisons basses et noires. Et d’autres, larges et printanières, où devant les maisons respirent de petits jardinets de myosotis, campanules, touffes de giroflées flamboyantes, désespoirs du peintre. J’imaginerais, si je n’avais si mal aux pieds, les petits carrelages ébréchés posés dans les chemins cendrés, et de grosses dames en tablier de nylon, courbées sur de rares mauvaises herbes, le couteau à la main. Peut-être celles-là même qui, le dimanche dePentecôte, vêtent les enfants de satin et de plumes, et en font des anges.

 

Mais j’ai si mal aux pieds. J’ai si soif. Je suis si fatiguée. C’est le petit Jésus qui conduit la procession, c’est ainsi depuis toujours, chaque année, et je ne pense pas à ces générations d’enfants qui avant moi portèrent la robe rose et la lourde croix. Je soupire. Ma croix est lourde. Lourde est ma croix. Le poids de mes péchés. Les croûtes du pain brûlé. Le mensonge. Devant moi, deux enfants de chœur, comme deux gardes du corps en surplis blanc. Je les connais, ils servent la messe, mais je ne leur avais encore jamais adressé la parole. Le grand doit bien avoir quatorze ans, une ombre de moustache, et une voix qui hésite entre l’enfant et l’homme. Il porte une croix légère et argentée fichée au sommet d’un grand bâton. De temps en temps, il se retourne et me sourit gentiment. L’autre a peut-être dix ans, ses cheveux blonds lui tombent dans le cou et devant les yeux. Il me fait la conversation, tout en jouant avec l’encensoir. Je n’en reviens pas que des grands me parlent. Des garçons, en plus. Mais il est vrai que je suis le petit Jésus aujourd’hui, et ces deux-là, c’est un peu comme s’ils étaient à mon service. Porte ta croix d’une main, dit le petit. Quant ta main est fatiguée, tu changes. Je me demande si c’est digne de Jésus, ces petits arrangements. Sur le Chemin de Croix, Il est allé jusqu’au bout de Sa souffrance, pour expier nos péchés. Il n’a pas économisé Sa peine, Lui. C’est lourd,Ponce Pilate, je pose un instant la Croix contre un mur, histoire de me dégourdir les doigts, d’accord ? Mais Jésus, il avait de bonnes grosses sandales de charpentier, et pas des petits souliers vernis trop serrés, Lui. Et Joseph d’Arimathie Lui a donné un coup de main.

 

Mais là, j’exagère. Peut-être même que je blasphème. Et la couronne d’épines ? Et au bout du Chemin de Croix,le supplice, la crucifixion ? Je porte ma croix. En silence. Je fais passer discrètement le poids de ma croix d’une main à l’autre, mais je laisse la main soulagée en place, histoire d’être à la hauteur de mon rôle, pour les passants.

 

Nous arrivons dans notre quartier, dans notre rue, et tout à coup ma fatigue s’envole, je redresse le torse, je porte haut ma croix. J’aperçois notre maison, reconnaissable entre toutes parce que le trottoir est jonché de pétales de roses. Sur le seuil, maman avec le bébé dans les bras, et mon petit frère, debout près d’elle, bouche bée. Un petit autel est dressé contre la maison, sur lequel maman a disposé une nappe, deux chandeliers qui reflètent tous les rayons du soleil, et une statue de la Vierge Marie. Sous la nappe, je vois dépasser les roulettes, et je reconnais la table du téléviseur. L’autel me semble un peu moins sacré, du coup, mais je m’abîme alors dans la contemplation du trottoir, magnifique tapis floral, entièrement recouvert de pétales veloutés blancs, ivoire, rose pâle, rose vif et rouge sang. Ils proviennent des rosiers que papa cultive avec soin, taille deux fois par an, fume à l’automne, et dont il couvre les pieds de feuilles mortes pour les protéger du gel, l’hiver. Les roses ont des nomsde vedettes, elles s’appellent Reine Fabiola, Floribunda, Polyantha ou Papa Meilland, et c’est tout l’été un enchantement de couleurs, de parfums, de vrombissements d’insectes. Il y a aussi des pivoines, des hortensias,des tulipes, des lobélias mauves et des tagètes orange, et d’autres années, des salvias, des bégonias ou des pétunias, que papa ramène par caisses entières de chez l’horticulteur, mais celles-ci ne sont que les passagères d’une saison. Nos roses, elles, vivent avec nous, s’endorment l’hiver et refleurissent chaque printemps.


Le soir, alors que la chaleur de l’après-midi remonte de la pelouse sèche, papa m’envoie chercher le sécateur et le seau dans la remise. Je le suis, de rosier en rosier. D’abord, nous travaillons près de la maison, aux deux géants qui encadrent la fenêtre de la rotonde. Puis, nous parcourons les quatre allées du jardin,pour terminer par le massif central. Chaque soir, il y a des dizaines de roses à couper, ouvertes, offertes à l’été et auxabeilles, impudiques de beauté et de plénitude, gorgées de suc et de soleil. Je suis la cruelle assistante de papa qui lescoupe dès qu’elles perdent leurs pétales et penchent la tête. C’est pour leur bien, dit-il, c’est pour préserver la force du plant, éviter que la rose ne devienne un fruit, et permettre à d’autres fleurs de venir. C’est un troublant mystère que ce sacrifice vespéral. En prévision de la procession, papa coupe désormais les roses au premier pétale tombé, et il garde toute cette beauté parfumée dans un seau dans la remise. C’est pour rendre hommage à Marie, dont la statue sourit dans la grotte de l’école, les yeux mi-clos, la tête penchée, c’est pour elle toutes ces roses guillotinées alanguies gisant au fond du seau, et je me réjouis, d’une joie païenne, du sacrifice de ces petites beautés de velours, en hommage à la Mère de Jésus.


Je porte le sécateur.

 

Il me semble que nous passons au ralenti devant la maison. Je suis le petit Jésus, je conduis la procession, humble et recueillie, à la fois auréolée de la sainteté du personnage que j’incarne, et refoulant, au fond de moi, le poids du péché véniel de ce matin – qui, aggravé de mensonge en un jour si sacré, n’est peut-être plus si véniel que ça. Les yeux baissés, je dépasse notre maison, ma mère, les roses et l’autel, le trottoir strictement délimité par les pétales qui s’arrêtent très exactement, d’une frontière qu’on dirait tracée au cordeau, là où commence celui des voisins.

 

Derrière moi, en un ruban poussiéreux et troublé par la chaleur, j’imagine, pour les avoir contemplés avec envie et ravissement du seuil de la maison les années précédentes, les communiants de l’année : garçons en complet bleu, brassard blanc frangé d’or, cheveux gominés ; les filles comme autant de mariées miniatures, meringuées de voiles courts, un cierge à la main. Ils avancent en colonne par deux, également éloignés des précédents et des suivants, au pas. Suit le dais, baldaquin chatoyant aux broderies rouges et dorées, dont les montants de bois noir torsadé sont portés par quatre hommes pieux et solides. Sous le dais, monsieur le Curé porte l’ostensoir en forme de soleil, et l’élève devant lui, bénissant les chrétiens amassés au bord du trottoir, qui baissent la tête,s’agenouillent, se signent pieusement. Monsieur le Curé souffre peut-être encore plus que moi, parce qu’il ne peut pas, lui, porter le Saint Sacrement d’une main pendant qu’il se repose l’autre. Il ne peut même pas se gratter lenez. Mais lui, au moins, il est à l’ombre.

 

Derrière le dais, d’autres hommes suivent, prêts à relayer les courageux porteurs. Puis, c’est la foule des paroissiens, qui grossit de rue en rue, groupe informe d’où s’élèvent d’anciens psaumes dans un brouhaha couvert par la fanfare. Nous avançons, j’aperçois le boucher et sa femme, l’employée de la mutuelle, puis d’autres voisins, et des camarades de classe, mais je me garde bien d’exprimer le moindre signe de connivence. Je redresse la tête, jeporte ma croix, j’avance, je souffre, je suis le petit Jésus.


J’expie.

 

Le soleil tape, de la route montent des effluves de goudron ramolli qui m’écœurent, mes souliers vernis sont gris de poussière, je souffre, j’expie. Sûrement que j’ai déjà amplement expié pour le péché de ce matin. À présent, j’offre mes souffrances à Jésus, pour Sa comptabilité céleste. J’avance, je change la croix de main, les cheveux me tombent dans les yeux, je ne me plains pas, j’ai soif, j’ai mal aux pieds. Je participe à la rémission des péchés.

 

 

 

 

Nous arrivons sur la place où je reconnais la cure entourée de grilles, et sous les arbres, la voiture de papa, qui attend là depuis le matin. Devant nous, l’église, ronde et maternelle, massive, familière, et son gros clocher bulbeux. Les portes ouvertes nous tendent les bras et nous invitent à la fraîcheur, à l’obscurité. Mes deux acolytes n’hésitent pas et entament l’ascension du parvis avec, à leur suite, les communiants fatigués, le dais, le Saint Sacrement et monsieur le Curé sous sa chasuble chamarrée, la foule des chrétiens ramassés au fil des rues, et lafanfare.


J’entre dans le ventre de l’église et je me dirige vers l’autel, portée par la musique des orgues, et dans les pas des deux garçons. Ilscontinuent leur progression vers la sainte table, au pied de laquelle ils s’agenouillent en une brève génuflexion, puis installent tout l’appareillage précieux et compliqué de l’encens : chaînettes dorées à coulisse, vase enplusieurs parties, d’où s’échappent peu à peu quelques volutes odorantes. Les communiants, comme à la parade, se scindent en deux rangs et intègrent, en un ordre parfait, les bancs du catéchisme. Ensuite, les paroissiens occupent les rangs suivants, les uns retrouvant leur place dominicale, les autres faisant comme si. Monsieur le Curé, sous le dais, attend dans le fond de l’église que tous soient installés et recueillis pour commencer àremonter l’allée centrale en grande pompe.

 

Tous savent exactement ce qu’ils doivent faire, sauf moi. Personne ne m’a dit où m’asseoir. Je cherche un trône, voire un simple coussin de velours cramoisi, mais lors des répétitions, on a oublié le petit Jésus. Je regarde autour de moi. Avec papa et maman, on a l’habitude de s’asseoir dans la travée gauche, avec les familles. Mais aujourd’hui, rien n’est pareil. J’attends, là, debout sur un pied, les cheveux collés au front, et ma croix qui pendouille au bout de mon bras. Je n’ose ni m’asseoir, ni poser la croix sur une chaise, de peur de commettre un impair. Je cherche papa des yeux, si papa était là, tout serait simple, mais je ne le vois pas.

 

Maintenant, la fanfare est entrée dans l’église. Elle avance dans un fracas de cuivres et de grosse caisse qui a depuis longtemps couvert la musique des orgues. Toute la clameur des instruments emplit l’église, la nef, les absides, les chapelles, les fonts baptismaux, la sacristie, et résonne violemment dans ma tête. Je me rends compte avec terreur que les seules places disponibles pour les musiciens sont celles sur lesquelles je pensais jeter mon dévolu. En effet, lentement, bruyamment, ils arrivent devant l’autel, et militairement, ils se dirigent vers la gauche et se rapprochent de moi. Hallucinée, je fixe l’œil de l’énorme tuba, que dois-je faire, je voudrais papa, où est papa ? …

 

Tout à coup, la grosse dame de ce matin, qui a troqué son tablier de couturière contre un tailleur bleu, des gants blancs et un chapeau, me prend dans ses bras, et dans un brouillard de soulagement, de fatigue et de reconnaissance, je l’entends qui rit : « Mais voilà notre petit Jésus qui pleure ! Ça alors, on n’avait jamais vu un petit Jésus pleurer à la procession ! »

 

Je lui donne la main, elle m’emmène dans sa rangée, je renifle, je n’ai plus aucune fierté, il est beau le petit Jésus.

 

Elle me tend un mouchoir blanc, que je puisse sécher mes larmes et me moucher.

 

Il est parfumé à la rose.

Je ne sais pas dire non, éd. Wilquin, 2004.


 
 
 

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