© 2023 by Andy Decker. Proudly created with WIX.COM

October 6, 2019

August 29, 2019

August 25, 2018

June 12, 2018

February 10, 2018

November 1, 2017

Please reload

Posts Récents

Ce qui nous insupporte

October 6, 2019

1/1
Please reload

Posts à l'affiche

Fauda : zoom avant sur le chaos

October 17, 2019

 

 

 

La saison 3 de la série israélienne arrive sur Netflix. L’occasion de se pencher sur ce qu’elle nous dit du conflit israélo-palestinien.

 

Fauda arrive, Fauda revient. À l’origine conçue pour un public israélien, la série de Lior Raz et d’Avi Issacharoff a désormais conquis une audience internationale depuis sa diffusion par Netflix. Lauréate du prix du meilleur scénario au Festival de la création audiovisuelle internationale (Fipa) à Biarritz en 2016, couronnée par six Ophirs, l’équivalent des Oscars, dont celui de la Meilleure série dramatique, elle apparait dans la liste des meilleures séries de 2017 selon le New York Times et s’est même attirée les louanges de Stephen King et de Steven Spielberg – excusez du peu. 
 

Depuis, la série a eu droit à une saison 2, dont l’annonce a créé quelques remous (1). À  l’heure où nous mettons cet article sous presse, la saison 3 débarque sur Netflix, et ravive les questions et les polémiques qui ont accompagné les deux premières.
 

« Les séries sont les miroirs de notre vision du monde », soutient Dominique Moïsi. Dans Géopolitique des Séries (2) l’auteur français passe en revue des séries-cultes comme Game of Thrones, House of Cards, Homeland, Occupied (et même le « so british » Downton Abbey) sous l’angle de la géopolitique. On peut ranger les séries – comme toute production culturelle de masse – en deux catégories : celles qui participent au soft power des pays qui la produisent, sortes de chevaux de Troie commerciaux, elles servent leur image et leurs intérêts en en diffusant une image attractive et séduisante. D’autres sont le reflet d’un auto-questionnement critique, loin de tout manichéisme. On pense à House of Cards, rien moins que complaisante envers les arcanes (fantasmées, ou pas) du pouvoir présidentiel américain. Mais dans tous les cas, les séries parlent du monde, le reflètent, le questionnent et à leur tour finissent par contaminer la perception que nous en avons.
 

Loin de tout manichéisme…
 

C’est à cette catégorie qu’appartient Fauda, selon Moïsi – même si l’auteur n’en fait pas dans son ouvrage une analyse aussi poussée que pour Homeland, la version américaine d’Hatufim, une autre série israélienne à succès. Fauda met en scène un commando des forces spéciales de Tsahal chargé d’opérations antiterroristes d’infiltration à Gaza et en Cisjordanie. La série s’appuie sur l’expérience de ses deux scénaristes, Lior Raz qui a servi dans Douvdevan, et Avi Issacharoff, lui aussi passé par l’unité d’élite créée en 1986, et devenu ensuite journaliste, spécialiste des affaires palestiniennes et arabes pour le journal israélien Haaretz.

Doron Kabilio (interprété par Lior Raz lui-même) est invité à reprendre du service quand ses supérieurs apprennent que Taoufik Abu Ahmad, alias la Panthère, un terroriste membre du Hamas, n’est pas mort de la main de Kabilio deux ans plus tôt et s’apprête à commettre de nouveaux attentats. Taoufik ne devrait pas manquer d’assister au mariage de son jeune frère dans quelques jours : c’est l’occasion pour Kabilio et ses collègues de s’inviter à la fête, déguisés en traiteurs, et de régler définitivement son compte au terroriste.

 

Ainsi commence Fauda. Avec l’unité de Doron Kabilio, le spectateur est invité à s’infiltrer lui aussi dans la réalité du conflit israélo-palestinien. Une réalité dont la seule hauteur est celle des drones qui survolent les villes palestiniennes, denses, poussiéreuses, grouillantes comme des bazars à ciel ouvert. Mais pour le reste, c’est d’une plongée qu’il s’agit : dans la vie d’un barbouze israélien qui reprend du service, contre l’avis de son épouse et au risque de perdre tout ce qu’il a construit :  une entreprise agricole florissante, une famille, des enfants ; dans celle d’un terroriste palestinien dont la cause est aussi servie au mépris du danger encouru par les siens, mais également à l’encontre des intérêts politiques de son parti. Autour d’eux, une constellation de personnages d’une complexe humanité : des combattants happés par leur soif personnelle de vengeance, des décideurs cyniques, tel le machiavélique Gabi Ayub, louvoyant entre diplomatie, compromis et manipulation, pour qui la théorie des jeux n’a visiblement aucun secret, des familles aliénées par leur fidélité à un idéal, à une communauté, aux lois de l’honneur et de la vendetta et enfin, des innocents pris dans le double bind du conflit, toujours perdants, comme le très beau personnage du Dr Shirin El Abed. (…)

La suite dans le premier numéro d'Ulenspiegel, sept. 2019.

(1) La diffusion de la saison 2 a été annoncée dans plusieurs villes israéliennes par des affiches noires avec pour seul message des inscriptions en arabe ("Accrochez-vous", "L'action commence bientôt"), ce qui a provoqué des plaintes d’habitants de Nesher, près de Haïfa, ou de Kyriat Gat, qui se sentaient menacés.
(2) Dominique Moïsi,
La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur, Paris, Stock, 2016.

 


 

 

 

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Retrouvez-nous
Please reload

Rechercher par Tags
Please reload

Archives
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square