L'art (pop)portuniste


Chaque ville veut aujourd'hui sa sculpture de Jeff Koons, de Mark di Suvero, de Daniel Buren. Le "Love" de Robert Indiana, répliqué de New York à Shanghai, en passant par Martigny, ou Madrid, décliné ici dans sa version italo-bolognaise, en est la caricature. En répondant à la demande par la multiplication, l'art contemporain crée du banal ; il sacrifie sa vertu d'interpeller, d'interroger, voire d'inquiéter. Cet art contemporain, que les moins pauvres achètent sur un T shirt et les très riches achètent tout court, portent ou dans lequel ils vivent, la petite bourgeoisie, elle, le fait acheter par les villes qui veulent qu’on les visite (et qu’on y dépense de l’argent) au prix de leur disneylandisation*. Il faut bien constater que sous couvert de culture, mais devenu en fait un produit d'appel du consumérisme urbain, cet art contemporain-là n’a plus pour ambition que de rassurer les classes moyennes par l’offre du même, retrouvé de city-trip en city-trip. Starbuck/Calatrava/Daniel Buren, même fonction ? Oui, en ce que ces "marques" sont juste là pour créer le partout pareil et flatter l'entre-soi culturel. Avec ses séries, Andy Warhol avait élevé au rang d’art (pop) un objet industriel, la célèbre boîte de soupe Campbell; aujourd'hui, en cédant à la série, ces artistes rabaissent l’art à ce qu’il a de plus opportuniste.

Mark di Suvero

Robert Indiana

*Sur la disneylandisation des villes, on lira L'Impossible voyage, de Marc Augé, paru chez Actes Sud.

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