Délits de lignes

C’est Egon Schiele et ses dessins érotiques que Bernadette Février donnait à (re)voir dans « Délits de ligne », une exposition fugace qui s'est tenue à la Galerie Olivier Nouvellet (rue de Seine 17, 75006 Paris) le temps du Marché de la Poésie. On y retrouvait l’utilisation des calques déjà chers à l'artiste dans « D’une ligne l’autre » (Galerie Lionelle Courbet déc. 2017). Ces calques donnaient déjà au travail de Février « une épaisseur translucide, une laitance - si j'ose dire - poétique. Un blanc mystère» Il faut croire que le mystère, dans l’œuvre érotique d’Egon Schiele, soit pour certain·es d’un insupportable aveuglement puisque ses oeuvres sont aujourd’hui, sur les panneaux publicitaires qui à Londres célèbrent le centenaire du peintre autrichien, carrément voilées, cachées, masquées. Décidément, notre époque n'est pas moins prude que celle de Schiele, emprisonné en 1912 pour outrage à la morale publique ! C’est cette censure que Février dénonce à travers « Délits de lignes », en redonnant à voir les dessins de Schiele à travers le jeu de deux calques – dont l’un superpose aux dessins du peintre le dessin encré de petites chaînes organiques, dessinées ailleurs, que Bernadette Février fait dialoguer avec les dessins de Schiele dévoilés – car le calque n'est pas ici voilement pudique mais tout au contraire invitation à entrer, par le dévoilement, dans le mystère de son érotisme.

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