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Le nouveau Musée L de Louvain-la-Neuve

Quand l’UCL confond « dialogue » et « hétéroclisme »

 

 

On pourra toujours regretter l’ambiance à la fois feutrée et monumentale de l’ancienne Bibliothèque des Sciences, autrefois temple profane de l’étude et de la recherche où des générations d’étudiants « bloquèrent », entre les travées de livres et les collections scientifiques (le squelette d’éléphant tel un totem échappé d'un album de Tintin), sous l’éclairage intimiste des tables arrondies dessinées par Jules Wabbes. Cette bibliothèque-là a vécu et ses usagers lui préfèrent aujourd’hui sans regrets un bâtiment plus conforme à leurs besoins, une centaine de mètres de là. Restait le merveilleux écrin de Jacqmain. Un musée ? C’était a priori prendre le risque d’une mauvaise panthéonisation : enfermer du patrimoine dans du patrimoine, du formol dans un bocal, bref, à l’heure où l’art le plus vivant est dans la rue, le choix dangereux de l’enterrement de première classe. Mais bon, on attendait de voir.

 

Aujourd’hui, on est venu (c’était l’inauguration) et on a vu. Certes, le bâtiment et ses abords ont été superbement restaurés et aménagés. Ça peut, pour un budget de plus 8 millions d’euros (7,4 millions pour la rénovation du bâtiment et 0,7 million pour le réaménagement des abords). Mais pour y mettre quoi ? Un peu de tout, dirais-je, pour rester polie. Un Magritte, des sculptures africaines, des collections de papillons, un requin empaillé, quelques Delahaut, deux Delvaux (séparés par trois étages), des machines à calculer, des sculptures polychromes médiévales, des bondieuseries polychromes du XVIIIe s., un Miro, quelques tables de Jules Wabbes par nostalgie (éclairées zénithalement, comme tout le Musée, quelle tristesse), une photo de Christian de Duve et un raton-laveur - pardon, un castor (empaillé).

 

« Dialogue », dit L. C’est un bon prétexte pour justifier l’hétéroclite. Comme au sixième étage, la collection du Docteur Delsemme qu’on a pas voulu démembrer pour respecter ses dernières volontés : que tout figure au Musée comme c’était à la maison. Dommage que le Docteur Delsemme ait ainsi subordonné sa générosité à une exigence narcissique post-mortem. Mais de dialogue, on glissera plutôt vers le babeleer quand on comprendra l’histoire des collections, retracées sur un grand tableau noir : héritages facultaires divers et variés d’avant la scission louvaniste (minéraux et fossiles, cabinet de zoologie, moulages de l’Antiquité, du Proche-Orient, du Moyen Age...), legs privés (Delsemme déjà évoqué, legs Frans Van Hamme, donation Goyens de Heusch, donation Boyajian, dons d’artistes...) Le tout recyclé en un Musée L, qui cède à la modernité la visibilité d’un laboratoire des œuvres d’art, puisqu’aujourd’hui ça se fait partout, ainsi qu’une merveilleuse petite librairie d’art qui fait aussi snack bio-local-durable et un restaurant panoramique avec vue jusqu’au lion de Waterloo – mais ça c’est pour plus tard, quand on lui aura trouvé un·e gérant·e.

Soit un peu de tout autour de pas grand'chose : j’avais déjà éprouvé ce malaise en parcourant la Galerie du Temps du Louvre-Lens : une abondance d’œuvres de tous genres, la plupart assez mineures, sorties de leur réserve et assemblées là le long d'une ligne du temps comme seul sens à leur voisinage.

 

L’Université n’a pas su choisir entre créer un musée d’art et de civilisation, un musée des sciences, un musée de l’histoire de l’Université et c’est dommage. Bah, on pourra toujours aller au Musée L rien que pour voir un splendide Alechinsky, ou une litho de Goya, ou le Magritte, au risque de se laisser distraire par ce que la presse a appelé avec beaucoup de complaisance « un fascinant cabinet de curiosité » et que l’UCL elle-même qualifie – laissons-lui le bénéfice de la lucidité - de « bavardage ». Et bien sûr, on ira au Musée L d'abord et surtout pour le bâtiment de Jacqmain, même dévoyé de sa première vocation et paradoxalement « désacralisé ». Il lui reste la beauté tombale des pyramides.

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