“L’idée de «C’est moderne.com» a surgi comme un jeu : écrire un peu, souvent, sur des choses de la vie de tous les jours, comme on ferait des gammes. Collectionner une série de petits textes comme autant de cartes postales ou de petits cailloux précieux. Le fil conducteur : le téléphone portable, et ces conversations absolument familières, impudiques, mystérieuses, absurdes, qu’on entend partout. Jouer avec le sentiment d’être seul au monde qu’entretiennent les porteurs de portables.”
En classe, il fait fureur !
Quel est le point commun à deux cents étudiants de l’Institut des Langues Vivantes, département de français ? Ils possèdent tous un GSM.
C’est de la littérature, ça ?
A Welkenraedt, une classe de français. Les “contre” : ce n’est pas de la littérature ! Les “pour” : on peut écrire comme ça dans un livre ? C’est vrai que C’est moderne.com adopte un style proche de l’oralité, avec des répétitions, des silences et même des procédés typographiques spéciaux pour traduire l’intériorité des personnages (les “tropismes”, aurait dit Nathalie Sarraute). Ca vit, ça ressemble à la langue de tout le monde... C’est de la littérature ? “En tout cas, dans ma classe, aucun n’était indifférent. Ca changeait des classiques !”, raconte Johanne, leur prof., lors d’une rencontre à la Foire du Livre.